13. Veille du Jour de la Terre


Comme vous le savez peut-être, le Jour de la Terre, c’est le 22 avril et tous les jours ! En tout cas, tel est le slogan de ce mouvement international participatif en environnement. Créer en 1970 et répandues de par le monde depuis les années ’90, les diverses associations locales du Jour de la Terre accompagnent, toute l’année durant, les personnes et les organisations qui désirent diminuer leur impact sur l’environnement : activités de sensibilisation aux enjeux environnementaux, plantation d’arbres, manifestations, célébrations, etc.

Ma conjointe et moi sommes abonnés à un journal que nous recevons chaque matin. En le feuilletant ce matin, veille du Jour de la Terre, je constate avec plaisir que la couleur dominante des articles est nettement verte ! Notre journal préféré a encore une fois bien accompli son Devoir de citoyen corporatif ! 😊 Ils ont couvert cet événement important, tout comme ils ont d’ailleurs l’habitude de consacrer une partie de leur contenu de tous les jours à l’environnement. Pas que le sujet soit toujours jojo, loin de là, mais c’est un incontournable négligé (les grandes problématiques actuelles en témoignent !) qui est lié intimement à notre qualité de vie, si ce n’est à notre survie !

En lisant les articles consacrés à l’environnement et au Jour de la Terre, ce matin, je reste avec une saveur générale un peu amère. L’accroissement des crises environnementales témoigne d’un manque d’engagement eu égard aux défis rencontrés. Plusieurs beaux gestes sont posés, mais ils ne sont pas à la hauteur des activités destructrices. Les journalistes font ressortir le comportement paradoxal de nos dirigeants politiques qui disent comprendre la situation et qui ne mettent pas en place les mesures nécessaires à la redresser ! Il me revient en mémoire la présentation d’il y a quelques jours concernant les paradis fiscaux. Notre conférencier était abasourdi de constater que ces dirigeants politiques réagissaient avec un fatalisme inexplicable pour des gens placés au pouvoir par la population. S’ils ne dirigent pas les actions concernant les enjeux fondamentaux, voulez-vous bien me dire qui le fait ? Ah oui ! J’oubliais, ce sont les dirigeants des multinationales ou les grandes organisations économiques qui les représentent…

Bon, bon, trêve de sarcasmes, Le Jour de la Terre c’est tout de même une fort belle initiative ! 😊 Du genre qui devrait prendre plus de place encore. Beaucoup plus de place ! Personne ne peut se passer des conditions vitales issues de son environnement. Nous avons besoin d’air respirable, d’eau qui est buvable et de produits de la terre qui soient ingérables…

Allégorie de la terre (détail), Jan Brueghel l’Ancien, 1610. Photo : Benoît Guérin, 2017.

Comme ce dont nous avons besoin pour vivre est sérieusement détérioré par nos activités humaines sur la planète, nous devrions accroitre les échanges sur les problématiques et les solutions à mettre en place ; il ne s’agit pas là d’un sujet optionnel !

Pour vivre en santé ou même survivre, il nous faut diminuer notre impact sur la nature. Nous devons transformer rapidement nos façons de vivre dommageables pour la qualité et le renouvellement de tout ce qui vit sur la Terre. C’est vital et ce n’est pas une opinion, c’est un fait. Tout ce qui peut rester à discuter, c’est notre envie ou non de mieux vivre et de survivre. Comme je viens à peine de déclarer une trêve de sarcasmes, je vais m’arrêter là.

En complément : Court exposé de l’astrophysicien Aurélien Barreau sur l’urgence écologique (3:00)

Un gros défi : agir plus et mieux 

Pour rétablir cette Terre en santé, dont nous avons impérieusement besoin, tous les petits gestes écologiques sont importants. Nous pouvons toutefois constater que ce n’est pas suffisant. La situation continue globalement de se détériorer. Pour changer la donne, il faut nécessairement modifier la recette. Et si l’on veut que cela se passe rapidement, il faut peut-être procéder à partir de ce qui a la plus vaste influence sur l’ensemble. Nous avons tous une influence sur ce qui nous entoure, mais les médias et les organisations rejoignent plus de monde à la fois. Pour accélérer le mouvement écologique, ces courroies de transmission et d’échange me semblent primordiales !

La plupart des dirigeants sont, je crois, de bonne foi et, si un mouvement généralisé donnait plus d’importance aux actions respectant l’environnement, je suis pas mal certain qu’une bonne partie de ceux-ci rameraient alors dans le sens du courant, malgré la pression des lobbys…

Les contenus reliés à l’écologie doivent, bien sûr, être présentés avec imagination et créativité, afin d’attiser l’intérêt des clientèles visées. Le projet de Béatrice me revient encore en mémoire en évoquant l’importance de plaire aux gens. Joindre l’utile à l’agréable : cela me rappelle l’importance de montrer, le plus souvent possible, les grandes beautés de la nature, afin d’accroitre l’intérêt pour l’environnement. C’est justement à cause de cette beauté captivante que, sur les réseaux sociaux, les paysages exceptionnels et les péripéties animales ont autant la cote ! 😊

En complément : L’Hymne à la beauté du monde, Isabelle Boulay (3:29)

Petit cachottier. Photo : Benoît Guérin, 2018.

Plusieurs ont l’impression que l’écologie prend déjà trop de place dans l’espace public et on blâme parfois les écologistes de manquer de solutions économiques. Évidemment, l’économie doit se réinventer tout en préservant la nature. Ceux qui identifient les éléments naturels à préserver n’ont toutefois pas à proposer les avenues économiques de remplacement, mais je crois que nous avons tout avantage à nous assurer de la connivence économique lorsqu’on parle écologie, afin d’éviter d’effaroucher – même à tort – certaines personnes. Il s’agit là d’un défi colossal, mais à ce propos, le jeu en vaut la chandelle !

En regardant simplement autour de moi, je me rends bien compte qu’il y a encore beaucoup de personnes, pourtant bienfaisantes, instruites et ouvertes qui ne sont pas au courant des activités du Jour de la Terre ou d’autres organisations semblables. Forcément elles ne doivent pas participer à ce que proposent ces organismes. Comme j’aime beaucoup les gens que je côtoie, il ne me viendrait pas à l’idée de les blâmer. Le tourbillon effréné de la vie nous amène si souvent loin des sources mêmes qui pourraient améliorer notre sort !

Je comprends bien que l’on n’ait pas l’énergie pour se renseigner adéquatement, car la vie est souvent très exigeante : famille, travail, maladie, conflits, etc. Mais j’aimerais tellement que, dans cette situation, on s’en remette aux gens qui vouent leurs vies à prendre soin de la nature – notamment nos scientifiques – et non autant aux personnes issues d’autres domaines : politique, économie ou autres.

Je crois aussi que rejoindre, toucher et impliquer les gens, c’est un défi colossal et fondamental qu’il faut relever avec le plus grand tact qui soit.

Mais pour tout vous dire, ça me rend triste d’entendre si souvent des gens qui trouvent qu’on parle trop d’environnement ou pire encore, qu’on s’en préoccupe trop. Oui, triste, vraiment !… Cependant, autant je peux être affligé vis-à-vis de notre égarement en matière d’environnement, autant je reste émerveillé par les beautés de la nature et enchanté à son contact ! 😊 On y reviendra sûrement…

Abondance. Photo : Benoît Guérin, 2014.

Pour une présentation proportionnelle des informations

J’aimerais tellement que nos grands médias, en particulier, s’assurent de présenter adéquatement l’information, car c’est souvent à partir des brèves nouvelles qu’ils diffusent que les gens se forgent une opinion fausse. Les revues scientifiques sont claires et très convergentes concernant les grandes problématiques de l’écologie, mais bien peu de gens les lisent. La grande majorité d’entre nous se fie aux résumés informatifs que nous livrent les grands médias. Alors de grâce, il faudrait au moins éviter l’erreur de méthodologie beaucoup trop fréquente dans les médias, dits populaires, où l’on présente souvent le pour et le contre en proportion égale. Lorsque 98 % des scientifiques disent que les changements climatiques sont causés par les humains ou bien qu’un projet d’exploitation minière met en danger l’écosystème local, il faudrait que près de 98 % de la couverture médiatique reflète ce fait. Faire un article qui concerne le pour et un autre concernant le contre, c’est littéralement suggérer – même inconsciemment – que les deux « points de vue » se valent ! ☹

Cette erreur méthodologique est-elle le résultat de pressions malveillantes ou bien d’une simple réflexion sur le sujet qui n’est pas assez poussée ? Peu importe. L’important est d’y remédier le plus rapidement et radicalement possible, simplement. Comme je l’ai mentionné plus tôt, les médias sont probablement l’une des plus prometteuses courroies de transmission – s’ils jouent leur rôle avec rigueur et justesse.

J’espère qu’on ne cherchera pas ici la lettre qui puisse contredire l’assertion, mais que l’on s’attardera plutôt à l’esprit de ce que je mentionne. En d’autres mots, je sais que les médias s’efforcent parfois de représenter les réalités scientifiques dans des proportions semblables à celles rapportées par les communautés scientifiques, mais ce n’est pas toujours le cas.

La presse jaune, Louis M. Glakens, 1910.

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2 commentaires à propos de “13. Veille du Jour de la Terre”

  1. Je partage la plupart de tes points de vue sur le peu de considération accordé au Jour de la Terre. Je te signale une initiative prise par les membres du Comité vert de la Paroisse Sainte-Famille, le dimanche 28 avril 2019 à la salle paroissiale de l’église Saint-Rédempteur, au 421, boulevard Curé-Labelle, à Blainville. Dans un esprit communautaire, les organisateurs vous invitent à participer au Festival de la Terre. Lors de cette journée, on aura la possibilité de visiter plusieurs kiosques sur un sujet “vert”: l’alimentation, les transports, le compostage, le recyclage, le style de vie, les abeilles, les asclépiades, les déchets plastiques, le recyclage, etc. Les organisateurs invitent les personnes intéressées à aller visiter leurs kiosques. Découvertes et dégustation de mets sains et savoureux les attendent. L’adresse de ma collègue Lucie Ménard est lmenard@paroissesaintefamille.com. Au plaisir !

    • Salut François,
      C’est une belle initiative et une activité très prometteuse que dont tu me parles là!
      Je me suis d’ailleurs permis de placer un lien dans ton commentaire concernant ce Festival de la Terre (en bleu et souligné). Il mène vers plus d’informations sur cette activité qui a lieu en début d’après-midi.
      De notre côté, nous serons malheureusement (!) à Londres, le 28 avril prochain, mais je vous souhaite un succès bœuf! 🙂
      Au plaisir!

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