21. Notes de voyage


La ville où nous logeons, en cette première partie de notre voyage, est plus belle et agréable que je ne l’avais imaginé. J’avoue. Mon statut de bourru de voyage est encore une fois un peu compromis !

À bon port. Photo : Benoît Guérin, 2017.

J’aime beaucoup prendre en photos les mille aspects que je découvre dans ce nouveau milieu de vie temporaire. Cela me permet un rapprochement très intime avec ce que je découvre. Je cadre les sujets avec le plus d’attention possible, un peu comme lorsque je dessine quelque chose… Cela imprègne profondément ce que je vois dans ma mémoire et lorsque je regarde ensuite la photo, elle m’est souvent très familière et je suis content de la retrouver. Je suis bien chanceux que ma blonde ait la patience et la gentillesse de m’allouer tout ce temps de photographie. Quelle femme merveilleuse ! 😊

Photos ci-dessous : Impressions fortes. Benoît Guérin, 2017.

Le soir, je transfère souvent mes photos sur mon ordinateur en effectuant un premier tri. Cela me permet d’en partager quelques-unes par courriel avec des amis et de la famille. Plus tard, je les ajouterai toutes à mon fond d’écran d’ordinateur et elles viendront agrémenter mon quotidien aux côtés des milliers d’autres photos prises lors de séjours dans les villes ou dans la nature.

Les découvertes sont nombreuses. Les rencontres la plupart du temps fort agréables, mais quelques irritants sont aussi au rendez-vous. Il ne faut tout de même pas tomber dans l’angélisme, n’est-ce pas ? 😊 Un avion en retard de trois heures, un coup de chaleur par-ci, un train annulé (et non remboursé !) par-là, quelques petites prises de bec avec ma blonde au fil des journées, de bonnes lassitudes ou fatigues de fins de journées… « Des problèmes de riches », comme dirait ma blonde, et elle a bien raison tout de même. Mais, je trouve que c’est intense, le voyage. Agréable à bien des égards, mais… intense !

2e escale et choc des écarts de richesse

Nouvelle escale. Nous sommes, pour quelques jours dans une deuxième ville et je prends aussi plaisir à l’explorer. Elle possède son charme et son histoire, bien dessinée dans ses paysages exotiques. J’y photographie de nombreux « tableaux » qui me séduisent…

Affiche – Carnaval de Nice. Emmanuel Costa, 1902.

La plupart des gens qui habitent ici sont plus aisés que ceux de la ville précédente. En tout cas, il y a certainement moins de gens en situation de grande pauvreté. Cela se sent, se voit, et s’entend : il n’y a plus de klaxons effrénés comme dans les rues de la ville précédente et il y a beaucoup plus de verdure dans les espaces publics ou privés. L’ambiance générale est plus détendue et courtoise, comme c’est souvent le cas lorsqu’on quitte la précarité.

Tout à coup, au milieu d’une promenade, j’aperçois une femme et son enfant, étendus sur le côté de la rue, un petit bol d’aumône devant eux. Le choc ! C’est incroyable que des personnes se retrouvent dans un tel état de précarité au beau milieu d’une ville où la plupart des gens vivent largement au-dessus des moyens de la majorité. ☹ Comment est-ce possible ?… Chez nous aussi il y a du monde à la rue, comme dans la ville visitée précédemment d’ailleurs, mais ici c’est le contraste entre une telle aisance et un tel désarroi qui me frappe.

À l’automne prochain, j’ai l’intention d’ajouter un bénévolat à mes activités. J’avais déjà pensé aller voir du côté de l’aide aux personnes itinérantes. Ces dernières rencontres de voyage ravivent fortement cette intention.

Vers la maison, sur les ailes d’un grand oiseau de l’ère moderne

Nous survolons, en ce moment, l’océan Atlantique. Tout de même incroyable. Nous sommes plusieurs dizaines de personnes, voire quelques centaines, assises assez confortablement, pour un vol de près de huit heures. Nous avons mangé un repas chaud. Rien à voir avec la gastronomie ou le restaurant choisi par affinité, mais… quand même, nous sommes au-dessus de l’océan !

À vol d’oiseau. Photo : Benoît Guérin, 2019.

D’un continent à l’autre, comme on prendrait un long métro ou un train de banlieue. Simplement. De tous les défis que l’humanité rencontre, à ce moment-ci de l’histoire, je ne crois pas que la technologie soit sur la liste. Nous réalisons déjà des prouesses dignes des contes de fées. C’est un lapin qui guida Alice au fond du terrier. Elle n’a eu nul besoin d’un androïde dernière génération ou d’un portail spatio-temporel pour accéder au pays des merveilles. Peut-être en est-il un peu ainsi pour nous, en ce moment…

La traversée du miroir. Illustration John Tenniel.

Par ailleurs, j’ai bien l’impression que toute l’imagination qui est en œuvre dans l’élaboration des technologies, comme dans celle du pays des merveilles d’Alice, est vraiment nécessaire pour réinventer nos façons de vivre entre humains et avec la nature. D’ailleurs, avec les grands défis et le parfum d’urgence qui règnent en ce moment sur la planète, peut-être vaudrait-il mieux partir à la recherche de tous les lapins de ce monde que d’attendre qu’ils ne nous invitent dans leurs terriers…

Impression de voyage et retour au bercail

Déjà une semaine depuis le retour de voyage. J’ai refait le trajet en classant mes photos selon les différentes étapes du voyage. J’ai aussi fait des fichiers de photos beaucoup moins volumineux, afin que les personnes qui les parcourent ne vivent pas une trop longue expédition!

Cette revisite de mon voyage m’a permis de raviver plusieurs souvenirs déjà pratiquement oubliés. À peine quelques semaines plus tard, c’est incroyable ! Toutefois, cela correspond parfaitement à l’impression que j’ai d’avoir voyagé pendant deux mois. Tellement de découvertes, de rencontres et d’événements en tous genres, instant après instant, jour après jour. Un agenda beaucoup plus dense qu’à l’habitude. C’est un peu comme si le temps avait ralenti… ou bien les jours allongés… Et voilà Alice qui refait surface dans ma mémoire, avec son long détour au pays des merveilles, un peu comme une parenthèse dans le passage du temps. Pas que mon détour ait été à ce point merveilleux, mais j’ai tout de même l’impression qu’il a, lui aussi, défié un peu les lois de la physique ou bien celle de la logique…

J’ai retrouvé ma place au café. Je reprends graduellement mes activités d’écriture, de coaching, de bénévolat, etc. Je reviens chez nous, mais le monde où je vis s’est un peu élargi. Certains contours, ceux de là où j’ai voyagé, sont mieux définis qu’avant. Je ne sais pas si cela peut enrichir mes démarches liées à l’amélioration des conditions de vie sur Terre. Je l’espère toutefois, car je suis bien conscient d’être très choyé d’avoir eu le temps et les moyens d’un tel voyage.

Photos ci-dessous : Totem de vacances. Benoît Guérin, 2008 et 2015.

En complément
Beaucoup de voyages se font en avion…
Récemment, une nouvelle voie aérienne vers l’aéroport de ma ville s’est matérialisée au cœur de mon quartier. Nous sommes pourtant à 15 kilomètres de l’aéroport, mais un cortège d’avions en basse altitude empoisonne régulièrement de leur bruit infernal notre quartier encore récemment si charmant. Je comprends maintenant que ces grands oiseaux de l’ère moderne sont plutôt des machines insupportables pour ceux qui ont le malheur de les côtoyer de proche ! ☹
Je crois bien que mes voyages en avion se feront passablement plus rares à l’avenir et que j’envisagerai sérieusement les alternatives moins bruyantes à ce propos… 
En attendant, heureusement que certaines personnes s’occupent bénévolement de faire pression sur les autorités de l’aéroport pour que le bruit et la pollution de l’air causés par les avions soient diminués au maximum. Je suis devenu membre de leur organisme, Les pollués de Montréal-Trudeau, afin d’au moins les supporter un peu. En m’abonnant à leur page Facebook, j’apprends les diverses démarches légales et politiques qu’ils font.
Finalement, j’ai découvert une petite application pour cellulaire où l’on peut porter plainte d’un simple clic — à chaque fois — que le bruit d’un avion près de notre résidence nous dérange trop. Les autorités de l’aéroport justifient parfois leur inaction en mentionnant le nombre de plaintes peu élevé qu’ils reçoivent. On peut télécharger gratuitement l’application au www.montreal-indivisible.ca. Je crois bien qu’ils auront de mes nouvelles souvent ! 😊
Le beau, le toxique et le bruyant. Photo : Benoît Guérin, 2019.

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4 commentaires à propos de “21. Notes de voyage”

  1. Un merci tout particulier pour ce partage accompagné de si belles photos… Pour moi qui ne voyage pas, lire ce compte-rendu tout en nuances avive toutefois davantage mes regrets qu’une description uniforme des paradis terrestres les plus fréquentés … À la prochaine Benoit.🙂

    • C’est gentil Francine. J’apprécie…
      Il me semble que dans un monde ou une situation idéale, chaque personne aurait droit à quelques grands voyages dans sa vie… Encore la meilleure répartition des ressources qui refait surface! 🙂
      Par ailleurs, dans tous les cas, il est urgent de veiller aussi à distribuer le plus équitablement possible aussi les inconvénients de pollution (air et bruit) causés par les avions actuels : il faut diversifier le plus possible les lignes de passage des avions à basse altitude.
      Soyons plus nombreux à être incommodés par la pollution, mais moins souvent. Cela devrait augmenter notre solidarité à ce propos et accélérer la mise en place de solutions : diminuer le trafic aérien (au profit d’autres moyens), développer des technologies moins polluantes et dérangeantes, etc.
      Au plaisir! 🙂

  2. Tout comme l’a fait Francine dans son commentaire ci-dessus, je te remercie de nous avoir partagé quelques souvenirs de ton dernier voyage. J’apprécie ton désir de t’impliquer auprès des personnes itinérantes; c’est un geste concret qui traduit ton désir d’améliorer le monde qui t’entoure. J’apprécie également ton questionnement à l’endroit des voyages en avion qui s’avèrent très polluants et très nuisibles à l’environnement. Je suis content finalement que ma conjointe ne puisse pas voyager en avion, car cela la rend malade. Je voyage autrement, notamment en visionnant des émissions ou en faisant des recherches internet sur les destinations qui m’intéressent davantage. Bonne Saint-Jean-Baptiste et au plaisir !

    • Salut François,
      Merci pour les commentaires. C’est nourrissant !… 🙂
      J’apprécie aussi beaucoup les reportages qui me font découvrir d’autres coins du monde. On y rencontre souvent des trucs qu’on ne pourrait même pas voir sur place, sans compter que les risques de canicules accablantes sont nuls à ce bout-ci des ondes !
      Bon été et au plaisir!

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