4. Volatiles, quadrupèdes et amour


Les animaux. Les petites et les grandes bêtes en tous genres. Vous êtes de mes amours ! Et j’ai le très grand privilège d’avoir le temps de vous regarder, vous écouter et vous apprécier… …

En ce crépuscule de vie où tout semble ralentir, s’exposer plus vivement et parfois même… disparaître ; votre présence me réjouit !

Adam et Ève au Paradis Terrestre. Johann Wenzel Peter, entre1800 et1829.

Moineaux enchanteurs

Moineaux, je vous salue. Quel plaisir j’ai à observer vos danses mystérieuses autour de mon balcon ! Vous avancez en bande pour picosser vos graines préférées. Vous virevoltez de la rampe à la galerie. Certains persistent plus longtemps, pendant que d’autres font des allers-retours dans la haie de thuyas. Puis, soudainement, pour je ne sais trop quelle raison, une grande partie d’entre vous quitte vers je ne sais où, dans un vol regroupé aux intenses chuchètements et pépiements.

Dans le thuya. Photo: Benoît Guérin, 2022

Un peu plus tard, vous êtes de retour et ma curiosité est à nouveau rassasiée à la vue du masque noir et de l’habit contrasté des mâles ou du manteau harmonieux, tout en nuances de beige et de brun, des femelles et des jeunes. La diversité de vos plumages m’enchante et il en va de même de vos comportements variés. Quel plaisir je prends à vous épier !

Occasionnellement, en arrivant à la fenêtre, c’est un écureuil gris qui grignote le sésame noir sur le balcon. Je le laisse parfois manger un peu, avant d’ouvrir la porte, afin qu’il saute dans la haie et ne bouffe pas entièrement les graines. Les moineaux ne sont pas friands du sésame et préfèrent le millet blanc, mais parfois les cardinaux viennent aussi picosser sur la galerie et ils adorent le sésame noir.

Écureuils gris, en ville et en demi-teinte

Les écureuils gris sont très nombreux en ville. J’aime beaucoup les regarder jouer à se pourchasser dans le grand érable argenté de l’autre côté de la ruelle ou dans la haie de thuyas de notre cour. J’aime moins, toutefois, lorsqu’ils font une razzia printanière dans les bourgeons des arbres autour. Une année, ils ont pratiquement mangé toutes les nouvelles pousses du jeune chêne rouge que j’ai planté en avant de la maison ! Ils me sont moins sympathiques aussi lorsqu’ils fouillent dans les vidanges pour dénicher un peu de bouffe en laissant derrière eux des sacs éparpillés ou même des poubelles de plastique grugées !

Un matin, l’un d’entre eux semblait dormir en boule au soleil du matin, dans la haie thuya. J’ai été happé à la vue de ce petit animal, habituellement tellement nerveux et attentif, qui semblait comme endormi par inadvertance, aux yeux de tous…

Pause matinale. Photo : Benoît Guérin, 2022.

Écureuils roux en forêt

Lorsque nous sommes au chalet, plus au nord, il y a quelques écureuils gris et d’autres noirs qui vivent dans la forêt tout autour, mais ils sont nettement en minorité. Ce sont les écureuils roux qui sont les plus nombreux. Ils sont très vifs et énergiques. Ils filent à travers les arbres comme s’il s’agissait d’une piste clairement dessinée et solidement pavée. Pas d’hésitations.

L’hiver ils foncent sur la neige en tous sens sans enfoncer le moindrement. Ils viennent parfois chercher des arachides sur la galerie pour ensuite aller les enfouir dans des endroits sans cesse renouvelés. Puis ils reviennent grignoter tranquillement, une graine de sésame après l’autre, sans trop être dérangés par notre regard ou même notre présence à proximité. Je trouve ce petit rongeur particulièrement élégant. La ligne blanche autour de son œil met bien en évidence son regard et se marie joliment avec le pelage tout blanc de son ventre.

Ci-dessous : Charmeurs roux. Photos : Benoît Guérin, 2018-2019.

Tamias et ribambelle animalière

Quand arrive avril et que la neige fond graduellement, ce sont les tamias qui sortent de leurs tanières. Je crois que quelques-uns d’entre eux ont établi leurs quartiers sous le chalet. Ils sortent au printemps et montent régulièrement sur la grande galerie du sous-sol pour ramasser des graines de tournesol noir. Ils se promènent, ventre à terre, telles de petites balayeuses aux profondes bajoues et ils emmagasinent de grandes quantités de graines avant de retourner dans leurs terriers enfouir les provisions pour l’hiver.

Tamia rayé. Photo : Benoît Guérin, 2021.

Ces petits rongeurs sont très dociles et ils se baladent autour de nous jusqu’à la fin de l’automne. Ils font pour ainsi dire partie de la famille tout comme les nombreuses espèces d’oiseaux qui se succèdent à la mangeoire et dans les bois autour : mésanges, sittelles, sizerins, pics, juncos ardoisés, bruants, geais bleus et autres. Quelque part en mai, ce sont les colibris qui reviennent et ils nous gracient de leur présence jusqu’à la fin de l’été.

Quel plaisir de partager un bout de leur vie lorsqu’ils approchent les mangeoires, virevoltent autour ou se perchent dans les arbres ! C’est intéressant de voir la mésange céder sa place à une sittelle à poitrine rousse et celle-ci quitter la mangeoire à son tour à l’arrivée d’une sittelle à poitrine blanche. À d’autres moments, c’est un couple de chardonnerets qui s’installe longuement pour manger et ils semblent indélogeables malgré leur très petite taille. Je me souviens aussi, avec grand bonheur, des petits cris de colibris qui se couraillent vivement… c’est tellement charmant !

Pic chevelu. Photo : Benoît Guérin, 2020.
Bruant à gorge blanche. Photo : Benoît Guérin, 2021.

Comme nous avons la chance d’être situés au bord d’un lac, les très gracieux huards reviennent aussi nous charmer de leurs chants pendant tout l’été. Tout comme les grands harles et quelques autres canards, nous les côtoyons tout l’été sur le lac, et ils sont parfois accompagnés de leurs rejetons.

Grands harles. Photo : Benoît Guérin, 2021.
Plongeon huards. Photo : Benoît Guérin, 2021.

Occasionnellement, nous apercevons aussi quelques autres mammifères : visons, cerfs de virginie, ratons laveurs et porcs-épics d’Amérique. Même si leur présence est exceptionnelle, leurs furtives apparitions sont tout de même des instants forts appréciés !

En ville comme en forêt, ma grande famille élargie de quadrupèdes et de volatiles m’offre un trésor de relations tellement enrichissantes ! Quelle chance de toujours avoir à proximité un parent proche ou éloigné à côtoyer et… à aimer ! 😊

 

Bain de moineau. Photo : Benoît Guérin, 2019.

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3 commentaires à propos de “4. Volatiles, quadrupèdes et amour”

  1. Cher Benoit… tu commences fort ! … j’ai hâte de lire la suite que je me réserve pour la soirée avec un bon thé… au plaisir de te lire…😊

  2. Salut Benoit,

    Je viens d’assister à une leçon d’ornithologie animée par un fin observateur et un amoureux de la nature. Toute ta sensibilité transparaît à nouveau dans ce court texte. J’en aurais pris encore. J’en suis presqu’arrivé à apprécier les écureuils montréalais! Mais je me suis retenu.

    Et tes photos sont encore une fois magnifiques.

    Est-ce que je fais parti de cette variété de bipèdes que tu apprécies? 😎

    Yvon

    • Merci pour ton commentaire Yvon. C’est très apprécié!…
      Tu fais effectivement partie des bipèdes que j’apprécie particulièrement! 🙂
      Au plaisir et à bientôt j’espère!
      N.B. J’écris cette petite note en direct de notre petit Café de prédilection.

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