5. Aider autant que je peux


Aider les moins favorisés ou les plus démunis est très important pour moi.

J’essaie d’aider directement ou indirectement, en donnant de mon temps ou de mon argent. Cela permet au moineau privilégié que je suis de redonner un peu de l’abondance dont je bénéficie : abondance de paix d’esprit, abondance d’amour, abondance de temps et… suffisamment d’argent. En redonnant autant que je peux, ma vie fait plus de sens.

Abondance. Nature morte aux fruits. Severin Roesen, entre 1862 et 1872.

Donner du temps

Par le passé, j’ai fait du bénévolat principalement avec des personnes en fin de vie ou dans des groupes d’entraide visant à cesser de grandes dépendances. Ces dernières années, c’est l’implication auprès de mes proches qui m’a plus interpellé. La santé chancelante de mes parents vieillissants a été très éprouvante pour eux. Mes sœurs et moi nous les avons supportés autant que possible et, depuis le décès de mon père, nous aidons ma mère régulièrement : déménagement, accompagnement, suivis de santé, planification financière, achats, etc.

Vieille femme dormant avec un livre sur ses genoux. Nicolaes Maes, 1656.

Je me questionne parfois sur le « degré de pertinence » de mon aide en personne. Je pense que ma présence est souvent aidante pour les gens concernés, mais il y a tellement de ressources disponibles dans mon coin du monde que j’ai parfois l’impression que mon aide n’est pas… essentielle. Appréciée certes, mais pas indispensable.

Dans ce contexte, je suis particulièrement satisfait de donner — régulièrement — un peu d’argent pour soutenir des organismes qui aident le monde. Ils offrent des services qui me paraissent souvent essentiels.

Donner aux humains les moins favorisés

Il y a plus de 30 ans, j’étais dans un creux profond des montagnes russes de la consommation. J’étais effondré physiquement et psychologiquement. Fauché matériellement. Grâce à l’entraide, je venais tout juste de faire mes premiers pas sans cette béquille illusoire de la consommation, lorsque j’ai décidé de parrainer (donation mensuelle) un enfant avec Vision Mondiale.

Enfant pauvre. Henri Jules Jean Geoffroy, 1883. (Musée Bayeux)

Je me souviens de mon père qui m’a dit alors : « Commence donc par t’occuper de toi ! » Il craignait qu’il ne s’agisse d’un autre de mes égarements, mais pour moi, c’était fondamental. Cela donnait du sens à ma vie et c’est encore le cas aujourd’hui. Ce don de parrainage aide non seulement un enfant défavorisé, mais aussi son village : accès à l’eau potable, éducation, etc. Les 30 dollars donnés mensuellement représentent, somme toute, une assez petite dépense pour moi, alors qu’ils semblent aider grandement cette communauté.

Village. Nicolay Dubovskoy, 1887. (Creative Commons)

Dans notre monde à l’économie mondialisée où tout est interrelié, je considère les personnes de toutes parts comme faisant partie de ma communauté. Je crois que les écarts de richesse indécents, qui se creusent de plus en plus, sont particulièrement affligeants lorsqu’ils ont lieu loin des caméras de nos pays plus favorisés. Je ressens donc une proximité toute naturelle et une responsabilité accrue envers ces gens.

Aider les animaux en danger et la nature malmenée

Au fil des années, j’ai ajouté plusieurs organismes auxquels je fais des dons mensuels. J’ai rapidement inséré des groupes qui aident à préserver l’environnement : les animaux, les végétaux et tout ce qui vit. Au sein des multitudes d’êtres vivants qui côtoient les humains, il y a aussi de nombreuses situations très problématiques qu’il m’apparaît tout aussi essentiel et urgent d’aider à améliorer.

Parmi les grandes problématiques environnementales — auxquelles nous contribuons largement à provoquer et qu’il nous revient de régler — il y a évidemment le réchauffement climatique et la disparition massive des espèces d’êtres vivants. Heureusement, plusieurs organismes d’envergure travaillent avec acharnement à diminuer les actions destructrices à travers le monde et à établir des façons de faire respectueuses de l’ensemble du vivant sur la Terre.

La belle nature à préserver. Photo : Benoît Guérin, 2018.

Soutenir la santé mentale

Je donne aussi mensuellement à un groupe qui permet d’expérimenter la méditation et d’étudier le fonctionnement de l’esprit. Je crois que cet organisme, très accessible, aide beaucoup de gens à mieux vivre. Et comme l’accroissement du bien-être suscite souvent plus de générosité, il me semble que ce type de support est particulièrement efficace pour diminuer les misères du monde.

En tout cas, la rencontre avec les enseignements et les programmes de méditation offerts par leurs bénévoles a été déterminante pour approfondir mon bien-être et ma compréhension des moyens pour y parvenir.

Méditation. Peinture sur porcelaine, Jane Atché (1872-1937 ).

Finalement, je fais des dons ponctuels lors de situations de crise particulières : guerres, cataclysmes naturels, etc.

Mon « portefeuille » de petits dons réguliers : une grande source de bonheur !

Je fais quelques dons mensuels d’autour de 30 dollars par mois, mais la plupart sont plus modestes : 5 à 15 dollars mensuellement. Ils me permettent de demeurer informé et d’aider — autant que je peux — dans des contextes diversifiés. C’est un peu le même principe que les portefeuilles d’actions qu’il est suggéré de diversifier. Je ne mets pas tous mes œufs dans le même panier. Si un des organismes est victime de fraude ou adopte des façons de faire que je réprouve, les autres continuent d’aider significativement en attendant les changements qui s’imposent.

Tous les œufs dans le même panier. Henri Horace Delaporte, 1788.

Depuis une trentaine d’années, j’ai toujours gagné un salaire moyennement élevé et donné autour de 6 à 8 % de mes revenus bruts. Ces dons permettent des économies d’impôt substantielles. Lorsque je fais mes déclarations d’impôt annuelles, il me revient autour de 40 % des montants donnés. Mes dons réels ne sont, au final, que d’autour de 4 % de mes revenus. Plus je suis généreux et plus mes gouvernements le sont. Je trouve cela encourageant et plein de bon sens.

« Autant que je peux »

Dans cette chronique, je parle de toutes sortes de façons de donner aux personnes moins privilégiées ou plus malchanceuses que moi. En ce qui concerne l’aide que j’apporte, je reviens parfois pour spécifier que je donne « autant que je peux ». Cela signifie plus précisément que je suis satisfait et content de ce que je donne.

J’essaie de ne pas être trop rationnel lorsque j’évalue la proportion de temps ou d’argent que je donne par rapport à ce que je garde pour moi. Je me fie sur ce que je ressens et je m’arrête occasionnellement pour voir où j’en suis.

Intuition. Avec l’arc noir, Vassily Kandinsky, 1912.

Je sais bien qu’il y a des gens qui donnent plus que moi de leur temps libre ou de leur argent disponible, mais les petites contributions régulières que je fais m’apportent tout de même un grand bonheur !

Des organismes qui m’inspirent

Je conclus ce petit tour d’horizon des façons d’aider qui me rendent heureux en vous présentant une petite liste non exhaustive des organismes qui m’inspirent et que je supporte — autant que je peux. J’inclus un lien vers leur site internet au cas où vous auriez envie d’y jeter un coup d’œil :

Cet organisme lutte contre les inégalités qui alimentent la pauvreté et les injustices. Ils financent et publicisent régulièrement, entre autres, des études très claires sur les caractéristiques et l’évolution des écarts de richesses faramineux de notre époque. Cela me paraît essentiel pour stimuler la mise en place des solutions qui peuvent particulièrement se développer dans nos pays démocratiques et riches.

« Partout au Québec, Nature Québec sensibilise, mobilise et agit en vue d’une société plus juste, à faible empreinte écologique et climatique, solidaire du reste de la planète. » Ils travaillent donc aux essentielles tâches liées à favoriser un environnement sain et durable. Ils œuvrent particulièrement dans mon coin du monde et je trouve important d’appuyer — aussi — des initiatives de proximité dans toutes les facettes de l’aide aux humains ou en environnement.

Nature au Québec. Photo : Benoît Guérin, 2022.

Organisme québécois qui travaille à sensibiliser et influencer les individus et gouvernements, afin d’accélérer la transition écologique et équitable qui est nécessaire et urgente. J’ai vu cet organisme grandir de façon très organique, à partir d’initiatives locales originales. Je les trouve très inspirants ! La maison du développement durable constitue l’une de leurs initiatives très fondamentales et de grande ampleur.

Grand organisme à la crédibilité solidement établie qui se bat pour le respect et la protection des droits humains depuis plus de 60 ans. Ils sont actifs dans plus de 150 pays et des millions de personnes collaborent à leurs actions : pressions pour faire libérer des prisonniers d’opinion, enquêtes concernant les droits humains non respectés et sensibilisation des populations, support des missions pour faire respecter le droit international devant les tribunaux lorsque cela est présumé nécessaire, etc.

Timbre Amnisty International, Îles Féroé. Rannvá Kunoy, 1986.

David Suzuki une des personnes que je trouve les plus inspirantes ! Il est un scientifique de renom et un vulgarisateur hors pair. Il anime depuis plus de 40 ans l’émission de télévision à succès The Nature of Things qui est diffusée dans 50 pays. Il est aussi un activiste écologique très engagé. « La fondation s’appuie sur la science et encourage les citoyennes et citoyens à agir au sein de leur collectivité pour relever les défis environnementaux auxquels nous sommes confrontés. »

Très grand organisme, à la crédibilité très bien établie, qui œuvre depuis près d’un siècle (sous diverses appellations) à collecter des fonds pour lutter contre la pauvreté, briser l’exclusion sociale, diminuer les inégalités et prévenir des problèmes sociaux. Ils redistribuent les fonds amassés au sein d’organismes et projets travaillant dans ce sens. Centraide soutient par exemple la réussite scolaire par de l’aide aux devoirs, la sécurité alimentaire par les banques alimentaires et les cuisines collectives, l’autonomie des personnes par de nombreux groupes d’entraide.

Comme le financement est souvent le talon d’Achille des organismes d’aide, cette prise en charge stable et efficace est fort importante.

« Vision Mondiale est une organisation de solidarité internationale qui lutte contre toutes les formes de pauvreté et d’injustice à travers ses programmes d’aide humanitaire d’urgence, de développement et ses actions de plaidoyer. » L’organisme fait des suivis très serrés et réguliers concernant les bénéfices concrets qu’apporte notre soutien à un enfant défavorisé et à sa communauté. J’apprécie cela.

Grand organisme qui œuvre depuis plus de 50 ans pour protéger l’environnement, maintenir la biodiversité et promouvoir la paix. Leurs actions non violentes défient parfois les lois civiles et ils gardent donc une complète indépendance vis-à-vis des entreprises privées et des gouvernements. Dans notre monde où les intérêts sont trop souvent uniquement financiers (entreprises privées) ou à court terme (en politique), il me semble essentiel de soutenir les quelques organismes ayant une structure suffisamment imposante pour maintenir le cap vers un monde plus juste et un environnement sain — malgré les pressions souvent fortes pour faire cesser leurs actions.

Sauve qui peut! Photo : Benoît Guérin, 2022.

L’Unicef ou le Fonds des Nations unies pour l’enfance travaille, depuis plus de 70 ans, dans 190 pays et territoires. Cette agence de l’ONU s’efforce d’assurer l’approvisionnement et le transport de médicaments, d’aides et de fournitures indispensables auprès des enfants les plus défavorisés, partout dans le monde. Il s’agit d’un autre organisme d’envergure que je trouve inspirant et extrêmement utile !

Fondée en 1961, il s’agit d’une des plus importantes ONG environnementalistes, et ce grâce à plus de six millions de soutiens à travers le monde, travaillant dans plus de cent pays, et soutenant environ 1 300 projets environnementaux. La protection des animaux en danger est l’un des angles principaux d’intervention de l’organisme. La plupart des gens sont touchés par les reportages animaliers et je pense qu’il s’agit là d’une judicieuse porte d’entrée pour la sensibilisation en environnement.

« Fondée en 1892, Mission Bon Accueil est devenue la plus grande porte d’entrée pour venir en aide aux Montréalais dans le besoin. Plusieurs programmes de soutien sont offerts aux personnes en situation d’itinérance, aux jeunes mères, aux familles démunies et aux jeunes en difficulté. » Je les connaissais de nom depuis longtemps et je les supporte mensuellement depuis quelque temps. Leur mission est essentielle et ils me semblent particulièrement dynamiques et efficaces depuis quelques années.

La bonté et la générosité. Louis Jean-François Lagrenée, 1887.
À venir dans la prochaine publication :
L’amour de la nature
  • La nature
  • En retraite
  • Enrichir la nature
  • En amour avec des géants
  • Mes nouveaux amours : les pruches

Lien vers la partie suivante : L’amour de la nature  →

Lien vers la partie précédente : Volatiles, quadrupèdes et amour  →

Lien vers le prologue

 

Lien vers les chroniques de La fin des milliardaires (Accueil)  →

Lien vers le manifeste poétique Le vaisseau dort  →


4 commentaires à propos de “5. Aider autant que je peux”

  1. Benoît, combien j’aime lire tes écrits. En lisant ce dernier chapitre, je nous revois sur la rue du Sacré-Cœur. Combien notre éducation familiale nous a mis sur nos chemins quels qu’ils soient aujourd’hui.

    L’aide d’autrui est important en effet et j’essaie de contribuer avec des dons ou avec mon temps. Parfois le plus petit geste envers autrui est le plus apprécié et très important.

    Par ces jours parfois difficiles et parfois remplis de joie aussi je te souhaite de très belles fêtes.

    J’attends toujours ton prochain article.

  2. Salut Benoit,
    Tu as raison au sujet des dons d’argent. Les besoins et les organismes qui répondent à ces besoins ne manquent pas. Et le retour d’impôt ou le sourire de celui à qui l’on a donné sont une véritable aubaine pour ma conscience.

    Pour ma part, je trouve que la véritable générosité c’est celle du temps que l’on donne. Avec tout ce temps que j’ai de disponible, je me sens parfois coupable de ne pas en faire davantage.

    S’engager ou ne pas s’engager? Tel est la question.

    Yvon

  3. Salut Yvon,

    Merci pour ton commentaire. J’apprécie beaucoup ces courts échanges autour des publications…

    Quant à ta question concernant le fait de s’engager ou pas, pour ma part, je t’engage n’importe quand sans hésiter! 🙂 Les échanges avec toi sont toujours agréables et enrichissants!

    Au plaisir! 🙂

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